Dans Articles par : admin le 08th, décembre, 2017

Trial of Transplantation of HCV-Infected Kidneys into Uninfected Recipients, NEJM 2017

Dans notre optique d’augmenter le pool des greffons, une correspondance récente publiée dans le NEJM de juin dernier a récemment attiré notre attention. Dans ce court article de résultats préliminaires, l’équipe de Philadelphie a décidé de transplanter des greffons rénaux VHC+ à 10 patients non VHC.

Il s’agissait de patients hémodialysés dont le temps d’attente anticipé sur liste selon les critères américains risquait d’être long (en fait, un équivalent des 18 mois d’attente en France). Ces patients bénéficiaient d’une information complète sur le virus de l’hépatite C et ses conséquences, de même que sur les nouvelles thérapies antivirales directes. Vingt-deux patients ont bénéficié de cette présentation – qui se déroulait en 3 étapes successives – avant de recueillir le consentement éclairé qui a été signé par 14 d’entre eux (63%).

L’objectif du protocole était de greffer des patients VHC- avec des donneurs dont la charge virale VHC était positive lors du diagnostic de mort encéphalique. La souche virale était de génotype 1 (pour une question de choix de traitement à l’époque du protocole). Les receveurs bénéficiaient d’un traitement immunosuppresseur classique (induction par anti-IL2R; entretien par corticoïdes, MMF et tacrolimus). Le contrôle de la charge virale VHC était réalisé à J3 et le traitement par elbasvir-grazoprevir (ZEPATIER) était débuté si celle-ci était positive.

Dix patients ont pu être transplantés (le chiffre étant fixé avant le début du protocole) au bout de 59 [51-63] jours d’attente, avec des greffons non marginaux (KDPI 42). Tous avaient une charge virale positive à J3 post-transplantation. Ils ont tous répondu au traitement, avec persistance d’une réponse virologique 12 semaines après la fin du traitement. La fonction rénale est celle attendue avec des donneurs standards, il n’y a pas de rejet noté dans la période de suivi.

En conclusion, il semble possible de transplanter des greffons rénaux VHC positifs chez des receveurs négatifs; de traiter le receveur par ZEPATIER et d’obtenir une réponse virologique complète 12 semaines après la fin du traitement.

Cet article soulève cependant plusieurs questions :

  1. D’après les auteurs, le pool américain pourrait être augmenté de 500 greffons rénaux par an. Qu’en serait-il en France ?
  2. Ethiquement, cet article revient à greffer un receveur et lui donner une nouvelle maladie que l’ont peut guérir. Jusqu’où est-ce éthique?
  3. Quelles seront les prochaines contre-indications formelles à prélever qui disparaitront? Le VIH l’est déjà en partie, maintenant le VHC, nos critères sur les cancers évoluent en permanence…

 

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